img17 Oct 2022

imgHerard Louis

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Café civique du lundi 17 octobre 2022

Les Collectivités Territoriales, la Décentralisation et les Rôles des Partis Politiques

DESSALINES EST LE PREMIER SOCIALISTE DE NOTRE HISTOIRE.

Chères et chers compatriotes,

Et les pauvres NÈGRES dont leurs pères sont en Afrique, n’auront-ils donc RIEN, s’écriait le FONDATEUR DE LA NATION quand les mulâtres libres voulaient s’emparer des biens des colons exilés et tués?
Aujourd’hui, nous pouvons soulever la même interrogation pour la masse paysanne, ouvrière et bidonvilloise face aux comportements cyniques de la classe moyenne qui se tait ainsi que des élites politiques, économiques et universitaires?
En cette commémoration du 216e anniversaire de l’assassinat odieux de l’EMPEREUR Jean-Jacques DESSALINES, je lui cède la parole en vous faisant revivre la PROCLAMATION du 1er janvier 1804 adressée à la Nation par l’organe de son brillant Secrétaire Boisrond TONNERRE :

«  LE GÉNÉRAL EN CHEF

Au Peuple d’Haïti

Citoyens,

Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de votre pays les barbares qui l’ont ensanglanté depuis deux siècles; ce n’est pas assez d’avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de la liberté que la France exposait à nos yeux: il faut par un dernier acte d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la liberté dans le pays qui nous a vu naître; il faut ravir au gouvernement inhumain qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir, il faut enfin vivre indépendant ou mourir.

Indépendance ou la mort…. que c’est mots sacrés nous rallient, et qu’ils soient le signal des combats et de notre réunion.

Citoyens, nos compatriotes, j’ai rassemblé dans ce jour solennel ces militaires courageux qui, à la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberté, ont prodigué leur sang pour la sauver, ces généraux qui ont guidé vos efforts contre la tyrannie n’ont point encore assez fait pour votre bonheur….le nom français lugubre encore nos contrées.
Tout y retrace le souvenir des cruautés de ce peuple barbare: nos lois, nos mœurs, nos villes, tout encore porté l’empreinte française; que dis-je? Il existe des Français dans notre île; et vous vous croyez libres et indépendants de cette République qui a combattu toutes les nations, il est vrai, mais qui n’a jamais vaincu celles qui ont voulu être libres.
Eh quoi! victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence; vaincus non par des armées françaises, mais par la piteuse éloquence des proclamations de leurs agents: quand nous lasserons-nous de respirer le même air qu’eux? Qu’avons-nous de commun avec ce peuple bourreau? Sa cruauté comparée à notre patiente modération, sa couleur, à la nôtre, l’étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur, nous disent assez qu’ils ne sont pas nos frères, qu’ils ne le deviendront jamais, et que s’ils trouvent un asile parmi nous, ils seront encore les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.
Citoyens indigènes, hommes, femmes, filles et enfants, portez vos regards sur toutes les parties de cette île; cherchez-y, vous, vos épouses; vous vos maris; vous, vos frères; vous, vos sœurs, que dis-je? Cherchez-y vos enfants, vos enfants à la mamelle; que sont-ils devenus? … je frémis de le dire…la proie de ces vautours.
Au lieu de ces victimes intéressantes, votre œil consterné n’aperçoit que leurs assassins; que les tigres dégoutant encore de leur sang, et dont l’affreuse présence vous reproche votre insensibilité et votre coupable lenteur à les venger. Qu’attendez-vous pour apaiser leurs mânes? Songez que vous avez voulu que vos restes reposassent auprès de ceux de vos pères, quand vous avez chassé la tyrannie; descendrez-vous dans leurs tombes sans les avoir vengés? Non! leurs ossements repousseraient les vôtres.
Et vous, hommes précieux, généraux intrépides, qui, insensibles à vos propres malheurs, avez ressuscité la liberté, en lui prodiguant tout votre sang, sachez que vous n’avez rien fait, si vous ne donnez pas aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer un peuple fier d’avoir recouvré sa liberté et jaloux de la maintenir; effrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la ravir encore; commençons par les Français…Qu’ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des des cruautés qu’ils y sont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque né français souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté.

NOUS AVONS OSÉ ÊTRE LIBRES, OSONS L’ ÊTRE PAR NOUS-MÊMES ET POUR NOUS-MÊMES. Imitons l’enfant qui grandit: son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l’entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous? quel (sic) peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves Esclaves! … laissons aux Français cette épithète qualificative: ils ont vaincu pour cesser d’être libres.
Marchons sur d’autres traces; imitons ces peuples qui, portant leurs sollicitudes jusques sur l’avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l’exemple de la lâcheté, ont préféré être exterminés que rayés du nombre des peuples libres.
( …la suite au cours de la journée du 17)

Patriotiques salutations
Hérard LOUIS
Genève, le lundi 17 octobre 2022

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